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 Fil de vie

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Daniel Varenne

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MessageSujet: Re: Fil de vie   Ven 8 Juin - 14:52

Citation :
Après leur dernière excursion, Daniel aura passé un temps non négligeable avec chaque membre de la Ligue. S'étant brièvement écarté avec Edouard, ou ayant échangé quelques railleries et plaisanteries de mauvais goût avec Jakkar. À la faveur de la nuit, il se sera glissé dans la tente de Cinder pour en ressortir peu après, avant de s'enfoncer dans l'oasis d'un pas décidé - et décidément très léger .
Il n'en sera revenu qu'au matin, certainement accompagné par la responsable. De là à savoir pourquoi ils s'étaient esquivés toute la nuit... Il n'y a qu'un pas. C'est dans une humeur joviale et détendue qu'il aura peu à peu démonté le camp et ses machineries, pliant notamment sa tente en chantonnant un air gilnéen.
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Valten Valtieri
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MessageSujet: Re: Fil de vie   Ven 8 Juin - 20:22

Citation :
Au cours de la nuit, le druide aura quitté la tente qu'il partage avec sa compagne un moment. Plusieurs heures, à vrai dire. Les oiseaux de nuit auront pu l'apercevoir près de la Vir'naal, agenouillé, le regard plongé dans son propre reflet à parler tout seul. Dans le même temps, il semblera privilégier cet isolement et se plongera ardemment dans la lecture d'un ouvrage à la couverture d'un noit mat qui sort d'on ne sait où, studieux et toujours bavard; quoi que les plus attentifs l'entendront faire questions & réponses par lui même. Il ne sera retourné auprès de la magicienne qu'aux alentours de cinq heure du matin, se levant un peu avant midi pour assister le reste du groupe au regroupement de leurs affaires, au repli du camp et à la préparation du retour vers le bateau.
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Livia Rossini
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MessageSujet: Re: Fil de vie   Mar 12 Juin - 8:08

Citation :
La magicienne fait montre d'une tendance à s'évanouir dans la nature - ou en ville - depuis le retour de Marchebruine à Hurlevent. Quoiqu'elle dorme au Refuge, il n'est pas rare de la constater absente. Des absences qu'il est facile de mettre en corrélation avec celle du griffon Filorage, que Livia emmène régulièrement ici et là.

Quand elle n'est pas occupée à vaquer à diverses occupations en ville, on la voit souvent lire à l'ombre d'un arbre ou au frais, dans le Refuge-même. Son luth ne la quitte que très rarement, même dans ces moments de repos.

En outre, de temps en temps, elle peut être vue avec Seth et semble lui proférer des leçons, et, pour les plus curieux et observateurs, elle semble même en train de lui apprendre le maniement des arcanes.
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Olivia Hanton

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MessageSujet: Re: Fil de vie   Sam 16 Juin - 15:47

Citation :
Olivia s'était levée tôt ce matin. Sa nuit agitée avait eu raison d'elle, et c'est la mine fatiguée qu'elle avait rejoint ses deux patients de la veille.

Soucieuse de leur bien-être, elle leur avait apporté un peu de nourriture, distribuant à chacun quelques fruits et autres rations trouvées plus tôt. Puis, enfilant des gants en tissu, elle s'était chargée des soins des deux hommes, retirant leurs bandages afin d'examiner les plaies traitées, la veille.

Elle s'était assurée de la bonne tenue des points de suture faits, tentant de leur faire la conversation,
cherchant à attirer leur attention sur elle, et non sur la douleur possible.

Enfin, elle avait appliqué un onguent à base de miel et de pacifiques sur les blessures fraîchement recousues, celui-là avait, selon elle, des vertus cicatrisantes à ne pas négliger.

Finalement, elle avait apposé de nouvelles bandes, en lin, sur les chairs meurtries. Et, récupérant son matériel, elle les avait quittés.

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Jared

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MessageSujet: Re: Fil de vie   Sam 16 Juin - 17:41

Citation :
Des heures après leur arrivée au refuge, Jared dormait encore ; le premier de ses réveils l’avait trouvé groggy, le crâne douloureux. La lumière diffuse des vitraux lui brûlait les paupières et, pour s’en soustraire, il voulut basculer sur le flanc gauche.
Un long gémissement plaintif lui échappa alors qu’il tentait de changer de position. L’idée fut immédiatement abandonnée et il se contraint à relâcher ses muscles au souvenir d’hier. Mieux valait qu’elle ne se rouvrit pas.
Sa mâchoire se serra. Il n’avait pas été très performant, ce soir-là. C’était davantage grâce à un concours de circonstances qu’à ses prouesses maladroites si aujourd’hui il était encore en vie – aussi à ses compagnons mais il n’y songea pas longtemps. Les piqûres d’Olivia dans sa chair lui laissaient un arrière-goût amer dans la bouche, à moins que ce ne soit celui, métallique, de son sang. Aussi Jared simulait de dormir profondément ou ne pipait pas grand mot lorsqu’elle venait s’assurer de sa santé. A son départ ses yeux se baissèrent sur son torse, fraîchement bandé, puis sur la corbeille de fruits, sans savoir trop quoi en penser.
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Daniel Varenne

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MessageSujet: Re: Fil de vie   Mar 19 Juin - 23:49

Citation :
Pendant la nuit, un cavalier solitaire s'est échappé du refuge. Portant une tunique brune, et un sac dans le dos, il s'est échappé sur le dos de l'un des chevaux récupérés aux Steppes. S'il ne portait pas de tabard, sa capuche caractéristique rendait son identification aisée. C'est, sans une note laissée, qu'il s'est échappé pour ce qui peut être une journée comme une semaine.
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Ashkiel Aran'el

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MessageSujet: Re: Fil de vie   Mer 20 Juin - 23:38

Citation :
Après une trépidante traque de Jared autour du Refuge en compagnie d'Alfred, Daniel et Olivia, et une soirée passée avec eux, Leytha s'est rendue aux écuries dans le but de faire plus ample connaissance avec les bêtes qui y sont logées.
Elle aura pris le temps de les sortir en longe deux par deux (sauf Francis, qu'elle aura préféré sortir seul suite aux avertissements de ses camarades !) une vingtaine de minutes, les laissant se dégourdir les muscles et profiter de l'herbe qui entoure le Refuge.
Il lui fallut un bon moment pour que tous profitent de cette petite sortie nocturne, et c'est au beau milieu de la nuit qu'elle finit par rejoindre le dortoir, s'écroulant comme une masse sur le lit qu'elle s'est attribué la veille.

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Jared

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MessageSujet: Re: Fil de vie   Jeu 21 Juin - 1:48

Citation :
Le désordre l'empêchant de se reposer, Jared quitta son lit et s'évertua à tout remettre à sa place initiale... tant et si bien qu'on aurait jamais cru que la tornade Olive-Leytha fut passée par l'infirmerie. Même un coup de balai avait été donné.

Déserté par le sommeil, le jeune homme errait dans les couloirs de l'abbaye jusqu'à ce que ses pas le guident vers la salle de réunion, où il crut bon de s'abîmer les yeux jusqu'à tard dans la nuit. Il déchiffra quelques mots des notes abandonnées ça et là sur la table ronde, frustré de ne pas tout en comprendre, et finit par s'essayer à l'écriture avec un encrier et une plume abandonnés dans la pièce. Les premières lettres tracées furent au mieux grossières, au pire de larges taches que le vélin but avidement. Il testa de tenir la plume d'une main puis de l'autre, mais les résultats ne différèrent que trop peu ; le papier griffé soit se déchirer, soit ne faisait que se gaver d'encre...
« Du temps perdu... » ronchonna-t-il en constatant les tatouages éphémères sur sa peau. Il repartit se coucher, et cette fois-ci s'endormit.

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MessageSujet: Re: Fil de vie   Jeu 21 Juin - 16:30

Citation :
Le bûcheron aura, comme à son habitude, passé beaucoup de temps entre la forêt et la scierie, quotidiennement, il semble soulever des tonnes de bois, qu'il scie, tant et si bien qu'il annonça à qui voulait l'entendre qu'il y avait désormais suffisamment de bois pour refaire la charpente du refuge. De même, il est arrivé de le voir partir à pieds, en direction des carmines, ne rentrant que tôt le matin.

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Livia Rossini
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MessageSujet: Re: Fil de vie   Ven 22 Juin - 1:28

Citation :
Certains auront croisé la magicienne, mais d'autres pas. Et ils n'auront pas l'occasion de le faire : au petit matin, Livia et ses affaires avaient disparu. Elle était partie. Pas de trace de son luth, et sa chevelure argentée ne passe plus dans le champs de vision des gens de Marchebruine.

Elle ne laissa derrière elle que quelques objets d'adieux : une lettre, déposée sur le lit qu'utilise le brave Baudrick, une flasque de rhum laissée là où squatte Kriss, et une parure en or - un tour de bras - laissé sur le lit de Seth.

Elle ne reviendra pas.
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MessageSujet: Re: Fil de vie   Ven 22 Juin - 1:44

Citation :
C'est en allant se coucher que le bûcheron remarquera la lettre laissée par Livia, la lisant longuement, ceux partageant le même dortoir que lui l'auront certes vu ne pas dormir avant tard dans la nuit, se relevant régulièrement pour faire les cent pas dans le hall d'entrée, allant parfois à la scierie pour travailler, passant cette insomnie à force de labeur, définitivement une soirée pourrie.

Le lendemain, ceci dit, et après avoir consulté le registre des rapports, on aura pu le voir en compagnie de Damien, perché sur l'un des arbres de la forêt, scie, planches, clous, cordages, ça lui prendra la journée, mais chose promise, chose due, en fin d'après-midi, Leytha aura le plaisir de remarquer une bien belle cabane trôner sur la cime de ce gros chêne, pas spécialement vaste, sans être toute petite, on y monte grâce à une échelle, faite de bois et de corde, une autre descendant de l'autre côté. L'intérieur, lui, est grossièrement meublé, un banc des plus modestes, jouxtant une table improvisée à l'aide d'une planche fixée à l'un des "murs", soutenue par un pilier de bois, quelques lucarnes ornant la structure permettant de voir une bonne partie de la forêt, à travers les branches.

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Valten Valtieri
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MessageSujet: Re: Fil de vie   Ven 22 Juin - 14:42

Citation :
Au matin, le druide aura relevé le bijou sur son lit et s'y sera assis un long moment, triturant la parure du bout des doigts, distrait et pensif. Il n'aura pointé le bout de son nez qu'après midi, s'adonnant à l'un de ses jeux favoris en traquant un pauvre lapin dans la forêt du Refuge, ne lui laissant que les os et quelques lambeaux de chairs immangeables avant d'aller prendre son bain habituel dans la rivière voisine.

Après ça, on aura pu le voir s'installer à proximité de l'entrée du monastère et clouer quelques planches sur une paire de poteaux improvisés avec les restes de charpente déblayés plus tôt dans l'année, installant ce qui s'apparente à un panneau d'affichage dans le hall de la bâtisse. Bientôt, de premières requêtes y seront clouées à leur tour.

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Olivia Hanton

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MessageSujet: Re: Fil de vie   Sam 23 Juin - 21:16

Citation :


Le médecin avait peu dormi, cette nuit. Elle était restée au chevet des blessés du soir, à l'infirmerie, veillant sur leur état.

Puis, les quittant à l'aube pour un court instant, elle leur avait apporté quelques vivres, et s'était employée à vérifier les plaies de chacun, et à leur apporter les soins basiques nécessaires.

Passant quelques heures avec Lilia, ramenée la veille, elle avait pris le temps de rester auprès d'elle et de s'assurer de sa bonne santé, en dehors de son anorexie.

Enfin, elle s'était assise sur un tabouret, reprenant sa veille jusqu'en début de soirée.

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Jared

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MessageSujet: Re: Fil de vie   Lun 25 Juin - 1:42

Citation :
La soirée s'annonçait plus que bonne ; déjà, Jared avait récupéré son premier butin sur le cadavre d'une de ses deux victimes - ce dont il était très fier : une épée à une main d'excellente facture en plus de deux pièces d'or, ce qui n'était clairement pas rien ! Ensuite il n'avait pas été blessé, ou à peine, et se sentait capable de soulever des montagnes si on le lui demandait.

Sauf qu'à leur retour au refuge, rien ne s'était passé comme il l'aurait espéré : personne ne s'intéressait à sa nouvelle arme et, au fur et à mesure, tous partaient pour des raisons diverses. A la limite, ce n'était pas bien grave, il se suffisait à lui-même en bien des manières...

Mais Daniel lui avait menti. A lui. Il n'était pas parti se coucher. Il l'avait juste fui, ignoré, abandonné pour Olivia. Jared les avait vus ensemble alors qu'il testait encore son arme, et la déception avait été grande. Très grande. A tel point qu'elle mua en rage et qu'il dût l'évacuer en s'acharnant sur l'arbre des révélations.

Fatigué mais pas moins remonté, il s'était résolu à emporter ses affaires et partir pour Hurlevent.

Ce qu'il fit.
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Ashkiel Aran'el

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MessageSujet: Re: Fil de vie   Lun 25 Juin - 4:35

Citation :
Après avoir passé la nuit sur le sol de sa cabane en compagnie d'Alfred, Leytha rejoignit les écuries de bon matin, peu de temps avant l'aube. Prenant le temps d'accorder un pansage complet à chacun des équidés, elle prit à nouveau le temps de les sortir en longe par paire pour leur permettre de se délier les membres.

Une fois sa tâche terminée, aux alentours de midi, elle harnacha la jument alezane qu'elle avait choisi au hasard le jour de sa première mission et qu'elle avait régulièrement montée depuis. Ensemble, elles quittèrent le Refuge, pour ne revenir qu'en fin d'après midi. En nage, l'animal semblait exténué. Il est fort probable qu'elle eut droit à une première session d'entraînement avec la cavalière.

Une fois la jument rafraîchie et rentrée aux écuries, les autres auront pu apercevoir Leytha faire sa course quotidienne autour du refuge pendant une bonne heure, avant d'aller se réfugier dans sa cabane.

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Ashkiel Aran'el

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MessageSujet: Re: Fil de vie   Sam 30 Juin - 15:46

Citation :
Peu de temps après le lever du Soleil, Leytha et la jeune Ashley quittèrent la cabane. L'adolescente se rendit dans la salle de réunion pour y laisser un petit mot de remerciement destiné aux Marchebruine, ainsi qu'une note d'excuse à l'attention d'Olivia. Le sourire aux lèvres et son épée en main, elle se hâta de rejoindre l'aventurière aux écuries, qui préparait tranquillement Mouche.

Leytha ramena ainsi l'adolescente jusqu'aux portes de la Capitale. Après un bref au revoir, elle guida sa jument jusque dans les bois, où l'entraînement reprit. Elle revint au Refuge en milieu d'après-midi, avec en prime quelques babioles pour agrémenter sa "somptueuse" demeure sylvestre. Ainsi, après avoir laissé Mouche aux écuries, les autres purent l'apercevoir monter et descendre à plusieurs reprises, hissant ses trouvailles dans la cabane.

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"Kriss"

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MessageSujet: Re: Fil de vie   Jeu 12 Juil - 10:27

Citation :
Neuvième jour du septième mois de l'an 33, Baie du Butin.

 Kriss se réveilla en sursaut. Ses tempes martelaient à chaque fois que son sang faisait un tour dans ses veines. Avec un long grognement, elle tenta de s'assoir sur le bord de son lit.
Elle sursauta presque quand elle remarqua qu'elle devait se dégager de l'étreinte d'un grand homme blond, toujours endormi.
Une fois assise, elle se frotta longuement l’œil avant de se mettre en quête de ses vêtements éparpillés dans la pièce. Elle s'habilla sans bruit, puis remarqua une bourse bien remplie posée sur la table de chevet.
Elle s'en empara, attrapant son sac au passage, puis quitta la chambre de l'auberge sur la pointe des pieds.

 Après une dizaine de minutes de marche sur les nombreux quais de la ville, alors que le soleil pointait tout juste à l'horizon, éclairant une mer aussi lisse qu'un miroir, elle s'arrêta à côté d'un tas de caisses cerclées.
Elle posa son sac, s'alluma un cigare puis entreprit de se recoiffer avec un petit miroir de poche. Elle prit soin de masquer son œil mort sous une épaisse mèche de cheveux, puis eu tout juste le temps de ranger son miroir avant qu'on l'interpelle.

"-Mademoiselle Kriss ! Quel plaisir de vous voir en avance !"

Elle se tourna vers le gobelin, habillé avec une combinaison de travail neuve et un gros monocle aux reflets irisés, et portant une liasse de parchemins.

"-Bonjour Tonak, plaisir partagé" dit-elle, d'une voix matinale enrouée.
"-Vous avez pu tout rassembler ?
-Oui, toutes les caisses sont ici. La banque a confirmé le paiement, toutes vos pierres précieuses ont été acceptées.
-Parfait ! Il ne reste plus qu'a régler la livraison dans ce cas."

Elle sorti une bourse, remarquant que le nom "Lucius" était brodé dessus, et y plongea les doigts pour donner quelques pièces d'argent au gobelin.

"-Je vous ai ajouté un petit plus, mon cher.
-Aaaah, voilà quelqu'un avec qui je referai volontiers des affaires. Je vais vous faire signer quelques documents et nous pourront faire partir la livraison."

Il étala quelques parchemins sur la caisse la plus proche, puis l'elfe apposa sa griffe sur la plupart d'entre eux, avant de serrer vigoureusement la main du gobelin.

"-Bien, tout est en ordre, tout devrait arriver la semaine prochaine.
-Je vous remercie Tonak. Al'diel shala !
-Que la fortune vous sourie, mad'moiselle !"

Kriss ramassa son sac, avec un sourire satisfait, puis pris la route en direction du perchoir à griffons, enfin prête à rentrer à Elwynn.

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Olivia Hanton

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MessageSujet: Re: Fil de vie   Mar 31 Juil - 13:39

Citation :

Le réveil fut douloureux pour la jeune femme. L'esprit embrumé par les événements de la veille et l’œil vitreux, il lui fallut quelques minutes pour reconnaître l'infirmerie du refuge. Tentant de se redresser tant bien que mal, elle abandonna rapidement l'idée, en raison de la douleur encore vive.

Elle se laissa retomber contre son matelas, tâchant de trouver une position confortable, en vain. Et, glissant ses mains jusqu'au bandage qui recouvrait sa plaie ventrale, elle fronça les sourcils.
Elle passa quelques instants à essayer de se souvenir des péripéties du groupe, la veille. Mais, troublée, elle ne put se remémorer que quelques épisodes décousus et flous.

Sa participation aux prochaines missions semblait compromise, elle devait prendre le temps de se remettre sur pieds.

Finalement, exténuée, elle s'abandonna au sommeil.
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"Kriss"

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MessageSujet: Re: Fil de vie   Lun 20 Aoû - 8:36

Citation :
Le soleil pointait tout juste le bout de son nez, éclairant avec peine la forêt d'Elwynn, quand un bruit d'explosion et un vrombissement assourdissant résonnèrent dans le domaine des Marchebruines.
Le sifflement des pales prenant de la vitesse, le ronronnement féroce d'un moteur qui monte dans les tours, et un rire sincère (pour ceux qui auraient l'oreille fine) se firent entendre pendant une bonne minute avant que le silence ne revienne.

A la place d'une tente qui avait été dressée là plus d'un mois avant se tenait à présent un gyrocoptère neuf, entouré de caisses vides et de traces d'huiles.
La machine, peinte en bleu nuit, arborait fièrement l'écusson des Marchebruines sur la gouverne arrière. Les classiques dents de requins décoraient le nez de l'engin, surplombé par un canon menaçant.

Kriss passa ensuite le plus clair de sa journée à effectuer des réglages (probablement) avant d'aller faire une sieste bien méritée sur un hamac tendu à l'ombre de deux arbres.

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Ashkiel Aran'el

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MessageSujet: Re: Fil de vie   Mer 22 Aoû - 16:08

Citation :
Voilà plusieurs semaines que Leytha n'avait pas été aussi présente au Refuge. Au cours du dernier mois, on ne l'avait aperçue que de manière fugace. Elle n'avait pas révélé où elle se rendait, et profitait du calme relatif du moment pour s'absenter plus ou moins discrètement.

Cependant, maintenant qu'elle était de retour pour de bon, la différence était flagrante. Depuis le début de la semaine, au lieu de passer ses journées à ne rien faire de très constructif comme elle en avait l'habitude auparavant, elle s'activait aux alentours des écuries. Parfois seule, parfois aidée de Damien, Moren, ou de tout autre Marchebruine se sentant l'envie de donner un coup de pouce, la Grande Sauterelle s'était mis en tête de construire enfin des enclos près des écuries pour que les chevaux du Refuge puissent gambader librement sans risque de s'échapper.

La jeune femme y passait ses matinées, de l'aube jusqu'à midi. Après un repas simple suivant à la lettre les recommandations nutritionnelles de Daniel, elle avait pris l'habitude de disparaître dans la Forêt, avec un cheval différent à chaque fois, laissant toutefois de côté Marguerite, Francis et le destrier de Vaan. Elle ne revenait qu'au bout d'une heure ou deux, à pieds, sur une monture transpirante. Un entraînement intensif, certainement.

Enfin, chacune de ses fin d'après-midi était dédiée à l'entretien de son propre corps. L'on pouvait l'apercevoir s'exercer contre des mannequins ou faire ses habituels tour du Refuge avec un air résolument déterminé.
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Angast Samzara

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MessageSujet: Re: Fil de vie   Ven 24 Aoû - 18:44

Citation :
Waeldernes


Jamais Willen n'avait éprouvé pareille félicité. Le changement était synonyme d'adversité pour la plupart des jeunes gens, mais pas pour lui. Le soir, après être revenu de la mission confiée par Baudrick, il vida son sac pour en extraire les dernières provisions d'aventurier solitaire, et se mit à les grignoter devant le feu mourant, appréciant le calme et la quiétude après les bruyantes investigations en ville.

"C'est la dernière fois que je mange du goujon salé", se promit-il intérieurement, en jetant les arêtes au feu. Il fit descendre le tout avec du lait fermenté et le reste de pain tendre donné de mauvaise grâce par les paysans pour les avoir débarrassés du Gnoll Ivre.

Il se coucha peu après, le temps de faire quelques ablutions discrètes pour ne pas réveiller les autres. Il s'attribua le lit le plus au fond de la pièce, se déshabilla, et s'allongea dedans. Il le jugea aussitôt beaucoup trop moelleux, trop chaud. Le confort l'incommodait, il n'avait jamais connu que la vie des campements militaires : aussi étendit-il sa couverture à même la pierre froide, et s'y logea avec soulagement. Les fentes servant de fenêtre diluaient une lueur astrale d'un bleu apaisant, et c'est en y abîmant son regard que ses pensées flânèrent vers ses songes et rêveries.

Quelle famille avait-il trouvé là ! Les bras croisés derrière la tête, il se remémora chacun de ceux qu'il avait pu voir.

L'élégant Daniel, le Maître de la guilde, tout d'abord. "Le Chef", pensa-t-il, avec ses cheveux gris, son éloquence, son charisme de meneur, ses ambitions pour la Guilde. Il l'avait repéré et aussitôt apprécié à sa juste valeur, Willen en était très fier.

Le sombre et exceptionnel guerrier qu'était le sire Vaan lui revint ensuite, qu'il s'imaginait être le héros de quelques contes épiques. Il s'interrogeait beaucoup sur son histoire, ses mystères, où il avait appris à manier si bien ses lames, et son lien avec les Vrykuls qu'il semblait entretenir... "Le Chevalier", le baptisa-t-il en pensées, en fixant la lune.

Après, ses pensées s'orientèrent sur Baudrick. Sa voix de stentor, calme et grave, son épaisse carrure et son imposante barbe lui évoquaient immanquablement la figure d'un père veillant sur ses enfants. Avec un sourire pour les ténèbres, il lui donna le sobriquet du "Papa".

Vint ensuite le tour de Jared. Son binôme et aîné d'une paire d'années. Si il était manifestement l'antithèse de Willen, qu'il se montrait taciturne et grincheux, le jeune écuyer avait ressenti une invincible impression de bonté en lui. Il se contraria tout seul en songeant qu'il n'avait pas encore appris à lire, mais que Jared, oui. Il n'avait soi-disant encore montré aucun talent précis, mais Willen s'en moquait. Il ferait tout pour que la chenille se meuve en papillon. Puis il songea que c'était bien présomptueux... Mais que "La Chenille" sonnait bien.

Et enfin, il repensa à la blondinette, Leytha, de presque dix ans son aînée, à vue de nez. Et quel nez, tout moucheté de tâches de son comme il les aimait. Il rougit dans le noir. Penser à sa pétaradante énergie et à son minois agréable faisait jaillir des pensées folles dans son esprit de tout jeune homme. Ce qui l'avait marqué de façon saugrenue était son odeur de cheval. Pas que cela l'excitait, non, mais l'odeur était tellement familière, tellement confortable, qu'il se sentait immanquablement attiré par elle.

Oh, il avait vu des catins dans les rangs de l'armée, des suiveuses et des vivandières à la cuisse légère qui soulageaient les bas instincts des soldats. Aguicheuses, avec leurs mamelles à l'air et leurs jeunes corps affriolants, saoules et paillardes. Mais il n'avait jamais ressenti que de la gène. Avec Leytha, c'était différent. Oh, il était terriblement gêné, mais c'était différent.

Il s'adonna discrètement à un petit plaisir nocturne, incapable de refroidir ses sangs, et puis ses pensées s'étiolèrent et devinrent vague. Il sombra dans le sommeil.

Au matin



Willen se réveilla comme à l'accoutumée avant le point du jour, habitude devenue tellement automatique qu'il n'avait plus besoin qu'on le réveille. Il prit l'initiative de faire une soupe de blé épaisse et crémeuse dans une petite marmite, suffisamment pour le petit comité qu'ils étaient sous le toit délabré du repaire. Il accommoda sa bolée de miel et de beurre, et laissa la marmite sur les braises pour ceux qui suivraient après lui.

En mangeant, il aperçu à l'extérieur le magnifique Hongre Arathi noir qu'il avait vu la veille. Il était très beau, mais avait l'air d'avoir un caractère épouvantable. Leurs regards se croisèrent, et Willen y lut quelque chose qui ressemblait à : "Toi." Un genre d'arrogance, de défi.

Willen fut étrangement piqué au vif, et se dirigea vers l'extérieur pour le rejoindre. Les autres chevaux s'éloignèrent tranquillement de lui, mais le hongre ne cilla pas. Bonne chose. Il chercha à s'approcher plus avant, mais le cheval renâcla, releva le tête en hennissant d'un air agacé quand il voulu le caresser. Le courant n'avait pas l'air de passer, mais le jeune écuyer partit néanmoins vers les stalles pour y trouver une selle et des mors.

Le cheval s'esquiva une fois, deux fois, et refusa une troisième fois en lui mordant le bras.

_ "AÏE ! Sacrée vieille rosse !" jura-t-il, mais quelque chose en lui persistait à croire que le cheval le défiait, que c'était sa manière de jouer, et qu'il n'était pas vraiment agacé. Il finit par réussir à monter, et à peine Willen eût-il le temps d'attraper les rennes que le hongre fila par surprise pour le désarçonner.

Le jeune homme failli tomber en battant les bras, mais rétabli son équilibre et son assiette in extremis. Le cheval ne décoléra pas, rua, soubresauta, hennit de contrariété, mais Willen tint bon, et ainsi partirent ils au galop hors du domaine. Le tonnerre sourd de ses sabots claquant et percutant l'humus et les branches mortes de la forêt envahirent instantanément le jeune écuyer d'une exaltation sans bornes.

"YAH ! YAH !" hurla-t-il, montant au grand galop sans autre forme de procès, comme si le cheval et son cavalier étaient des connaissances de longue date. Willen savait monter, mais n'avait jamais été virtuose. Après les colères du hongre passé, tout devint facile et grisant !

Ils galopèrent inconsciemment à travers les chênaies, sautèrent au dessus des souches mortes et des ornières envahies de ronciers et de mares traîtresses. Des branches noueuses et autres rameaux noueux lui fustigèrent le visage, les épaules, le front, les mollets, griffant et blessant sa peau, mais il n'en avait cure.

Il pleura d'exaltation, laissant libre court à l'envie de grand galop du cheval avec trop de plaisir. Et puis se présenta soudainement sous leurs pas le lit d'une rivière, large et profonde. Il voulu presser sa monture à freiner précipitamment, mais le cheval baissa la tête et fonça, sauta l'obstacle d'extrême justesse : à la réception, une de ses pattes arrières éclata un morceau de terre en glissant dans l'eau, mais il se rattrapa et hennit, tandis que son cavalier s'échinait à le freiner.

Finalement ils firent une pause dans le sous-bois, loin de tout. Il démonta, souffla un peu, riant aux éclats. Il posa la main sur le museau du hongre et, cette fois, il se laissa faire. Willen le caressa.

"Toi et moi, on va bien s'entendre, mon grand."

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Ashkiel Aran'el

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MessageSujet: Re: Fil de vie   Dim 26 Aoû - 2:44

Citation :



Si ses bavardages nocturnes avec le jeune Chevalier qu'était la dernière recrue avaient quelques peu changé les idées de l'aventurière, Leytha n'avait guère le cœur à tenter d'aller dormir. Les nouvelles annoncées plus tôt par Daniel pesaient sur son esprit. Vaan, mort après avoir trahi Marchebruine ? Et le loyal Baudrick, désobéissant aux ordre ? Elle avait du mal à croire le récit de son supérieur. Elle aurait aimé que ce ne soit qu'une farce.

Mais les larmes de Willen et la lame du défunt guerrier qu'il portait ne laissaient aucune place au doute. Elle avait peu connu son camarade répudié et décédé. Cependant, la blonde était de ceux qui s'attachent vite et fort à ses camarades. Ses envies de sautiller et de plaisanter envolées, elle se dirigea d'un pas las vers les écuries. Elle avait passé une partie de l'après-midi et de la soirée à l'extérieur, pour entraîner un hongre bai que personne ne s'était encore attribué, mais l'annonce de ces mauvaises nouvelles la poussaient à repartir un moment.

Sans vraiment y réfléchir, elle retrouva Mouche. D'un claquement de langue, Leytha invita la jolie jument alezane à la rejoindre. Trottinant avec entrain pour la rejoindre en échange d'un morceau de pain dur, la rouquine vint placer son chanfrein contre la main tendue de l'humaine. Un brossage expéditif précéda la phase de harnachement. Enthousiaste face à cette proposition de promenade nocturne, Mouche n'attendit pas une seconde pour se mettre en route une fois sa cavalière en selle.

Rênes longues, Leytha se contentait d'être un poids mort. Elle laissa la jument quitter le domaine par elle-même d'un pas actif, et choisir l'itinéraire à sa guise. Le regard perdu dans le vague, elle se contentait de suivre la démarche rapide de sa monture du bassin, vissée à sa selle. Lorsque l'alezane se mit à galoper tranquillement, elle ne réagit pas davantage.

La Lune était pleine, et sa douce lumière perçait à travers le feuillage de la forêt, si bien que l'obscurité ambiante n'était pas pesante ou inquiétante. La silence régnait sur la région, percé de temps à autres par le cri d'un animal nocturne. La douce brise qui balayait le visage la cavalière faisait rouler plus loin les larmes qui avaient atterri sur ses joues sans qu'elle ne s'en rende compte.

Elle s'efforçait pourtant de ne penser à rien. Mais elle ne pouvait s'empêcher de revenir irrémédiablement sur les derniers mois. Livia était partie quelques jours après son arrivée. Ensuite, Seth avait disparu. Aujourd'hui, c'était Vaan qui s'en allait, et Baudrick qui s'absentait malgré les ordres contraires du chef. Leytha aurait certainement pu le supporter, si elle n'avait pas vu ce regard particulier de Daniel, cette expression qui la faisait douter quand à la viabilité de leur petit groupe. Elle se sentait enfin chez elle, au Refuge. Elle avait l'impression d'avoir trouvé sa famille parmi les membres de Marchebruine. Les disparitions successives lui laissaient un goût amer, lui remémorant les échecs des derniers groupes qu'elle avait fréquentés.

A mesure que sa rage intérieure s’intensifiait, sa monture accélérait l'allure, jusqu'à atteindre sa vitesse de pointe. Lancée au grand galop, virevoltant entre les arbres avec adresse au gré de ses envies, la jument semblait répondre au désir de s'extérioriser de sa cavalière. Enfin, cette dernière poussa un cri puissant, empli d'un mélange étrange colère, de frustration et de détermination, qui ne manqua pas d'effrayer la faune locale. Une laie paniquée fonça aveuglément en direction de la jument pour protéger ses petits postés non loin de ce potentiel agresseur. Avant de se prendre les sabots dedans, l'habile équidé bifurqua soudainement, habitué à ce que cet instructeur de monte chevronné tienne en selle aux écarts les plus violents.

Et pourtant. Le corps de Leytha ne suivit pas celui de sa monture. Dans un majestueux vol plané digne des plus élégants oiseaux d'Azeroth, elle surplomba le suidé quelques secondes avant de s'étaler au sol dans un roulé-boulé digne des plus grand cascadeurs. Si les dégâts furent amoindris, elle n'échappa pas aux habituelles écorchures et hématomes en devenir. Les chausses partiellement déchirées au niveau des genoux, la chemise couverte de boue étaient évidemment de mise.

Après cinq bonnes minutes à souhaiter la destruction complète d'Azeroth, l'aventurière se releva avec un grondement contrarié. La laie avait humé le gros sac qui gisait face contre terre, et s'était éloignée sans hâte pour emmener ses marcassins ailleurs, consciente que le danger n'en était en fait pas un. Mouche, perturbée d'avoir perdu sa cavalière, avait stoppé net sa cavalcade pour revenir vers elle. Du bout du nez, la jument la poussa avec douceur pour l'inciter à remonter. Mais la blonde -qui était en fait presque brune, avec toute la boue qui lui recouvrait les cheveux- secoua la tête. Elle retira selle et filet à sa compagne du soir, et l'invita à marcher à ses côté.

Ses pas guidèrent Leytha près de l'un des quelques lacs de la région. Déposant les affaires de la jument ainsi que les siennes sur la berge, elle s'offrit un bain nocturne, pour se décrasser après sa journée chargée et sa chute inattendue, immergée jusqu'au menton. Le regard rivé sur le ciel sombre ponctué d'une myriade d'étoiles, elle se dit avec amertume qu'elle aurait dû ravir son innocence à la nouvelle recrue, pour apaiser ses nerfs à vif plutôt que se lancer dans une folle chevauchée irréfléchie. Et avec un soupir qui en disait long sur l'agacement qu'elle éprouvait à cette idée, elle chassa ces pensées de son esprit, qui divagua à nouveau.

Qu'il était donc stupide de se laisser aller à toutes ces émotions négatives. La jeune femme s'était rarement laissée submerger au point de ne plus être capable de faire ce qu'elle avait pratiqué toute sa vie. Si elle voulait que ses camarades ne disparaissent pas un par un, hurler dans la nuit n'arrangerait rien. Non. La solution était simple : elle devait progresser sur la voie que Daniel lui enseignait, et s'améliorer assez pour le surpasser, et les protéger tous.

C'est avec cette résolution que Leytha acheva sa baignade. Se rhabillant sans se presser, elle récupéra la selle et le filet de la jument qui paissait paisiblement aux environs. C'est à pieds, propre et écorchée, que l'aventurière revint au Refuge, quelques heures avant l'aube. Elle rangea les cuirs aux écuries, laissant Mouche retrouver ses congénères avec plaisir, avant de se diriger vers sa noble demeure sylvestre.

Une fois l'échelle gravie et le seuil de sa cabane atteint, elle ne prit même pas la peine de se changer. Elle se laissa tomber sur le matelas d'épais coussins qui tapissaient un coin de la cabane, plutôt que sur le lit qu'elle avait bricolé et aménagé. Elle ne tarda pas à sombrer dans un sommeil profond, ponctué de rêves intenses dans lesquels les aventuriers de Marchebruine affrontaient un puissant monstre qu'elle terrassait à elle seule, les sauvant tous d'une mort atroce. Livia, Seth et Vaan étaient là, eux aussi.

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Daniel Varenne

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MessageSujet: Re: Fil de vie   Dim 26 Aoû - 14:04


Citation :
"Quelle vaste blague."

C'est dans un profond soupir que le maître de la guilde se redresse contre son fauteuil, après avoir délaissé la plume qu'il utilisait. Face à lui, sur le bureau sommaire installé au sein de la salle de réunion, une lettre, légèrement éclairée par la faible puissance d'une bougie installée non loin. Avec deux doigts, il va se pincer les sinus tout en fermant les yeux : en l'instant, désespéré. Ce n'avait pas été une soirée facile, et c'est, pour cette raison, qu'il se décide enfin à coucher sur papier quelques tâches d'encres à l'attention de Livia. Pour lui raconter les derniers événements. Pour enfin lui mentionner la disparition de Seth, tout les changements internes à la guilde. Sur cette lettre, il se permet d'enfin mettre les mots sur ses ressentis, lui qui porte sur le dos la responsabilité d'une guilde. Lui qui, hélas, passe plus de temps à être le "Maître" qu'à être "Daniel", a choisi de se confier à quelqu'un dont il aurait nécessité la présence. Par réflexe, il glisse son bras gauche jusqu'à sa ceinture, pour y serrer une petite bourse en cuir précieusement toujours nouée et près de lui. Puis, finalement, il en ôte le lacet, pour y récupérer deux petits cailloux. Ces pierres ne sont pas normales. La première irradie d'énergie druidique, et la seconde d'arcanes. Elles ne sont pas enchantées, mais littéralement marquées. Et c'est avec une nostalgie sans fin qu'il les serre dans son poing.

Cette guilde est née de l'idée de trois personnes. Ensemble, ils s'étaient faits la promesse de ne plus jamais se quitter. De braver tout ce qu'il est possible d'affronter, et de devenir des héros - sans jamais perdre ce qui fait d'eux des amis. Une famille. Cette volonté est allée jusqu'à façonner le nom de leur domaine : le Refuge des Embruns. Pour qu'ils puissent, toujours, avoir un point de chute, un endroit à eux, où ils n'auraient pas à s'inquiéter des considérations de la société. Mais, à peine cinq mois plus tard, il ne reste plus que l'un de ces trois fondateurs. Se retrouvant unique porte-drapeau de leurs idéaux. Le pire, peut être, était que les deux autres n'ont pas perdu la vie, non. Ils s'en sont allés, pour des raisons ou une autre, pour recommencer leur vie ou en changer. Mais lui, celui qui est resté derrière, n'a pas de mémoire à honorer. Pas de tombe à pleurer. Il n'a qu'à digérer le sentiment d'abandon, un sentiment impossible à réprimer. Marchebruine, une famille. Quelle vaste blague.

Prenant la lettre, qu'il plie comme il se doit, il se redresse et la range dans un compartiment de son armure, repoussant le fauteuil dans le même instant. Se penchant sur la bougie, il la souffle, et l'ombre va reprendre ses droits sur la pièce. Et personne ne sera vu quittant celle-ci.

Daniel, préférant gagner sa dimension altérée, décide de ne réveiller personne avec ses trajets et ses troubles. Soucieux de conserver l'image de dirigeant fiable qu'il s'échine à créer depuis qu'il a repris les rênes. Et, alors qu'il quitte peu à peu le domaine, ses songes vont jusqu'à chacun de ses aventuriers. S'attardant sur eux, qui ils sont. Tous sont uniques, et il se battra jusqu'au bout pour chacun d'entre eux. Mais. La trahison de Vaan est dure. Peut être même trop : car elle implique d'accepter qu'il y ait des brebis galeuse au sein de sa famille. Et si ce modèle de guilde n'était pas valable ? Et si, de prôner l'égalité, l'entraide, et l'amitié, permettait au contraire aux trompeurs de pouvoir facilement les atteindre ? Et si EUX les avaient aussi infiltrés ? Cette seule pensée pourrait le priver de sommeil pendant des semaines. Et si c'était le cas, qui serait le traître ? Celui de plus ? Voilà songes qu'il ne pourrait confier à personne à l'intérieur de ces murs. Dans leur ignorance, ils ne comprendraient pas.

Perdu. C'est ce qu'il est. Alors, sans sortir de "son" royaume, il se met à courir. Jusqu'à perte de souffle, jusqu'à n'en plus pouvoir. Les poings serrés, il pousse son corps dans ses derniers retranchements, restant aussi longtemps que possible à l'intérieur de ce royaume où le temps, les sentiments, et les impressions s'étiolent. Pour cette fois, et uniquement cette fois, il n'accorde aucune importance aux menaces qui l'y guettent, aux créatures qui rampent, aux esprits qui pourraient s'en prendre à lui. Non. Il court, et lorsque son corps n'en peut plus, il est de force rappelé dans la réalité... Pour se rendre compte qu'il n'avait qu'à peine couru plus de trente minutes, et s'était seulement approché de Comté-de-l'Or. Essoufflé, il glisse sa lettre à l'intérieur de la boîte du village. Et, le pas hésitant, il continue sa marche jusqu'à l'écurie, où il va louer un cheval. N'ayant, en l'instant, pas le courage de rentrer au domaine pour récupérer Marguerite.

Troquant la course pour la monte, il va pousser la bête jusqu'à ses derniers retranchements, la forçant à cavaler jusqu'aux Marais des Chagrins en suivant un chemin qu'il a si souvent emprunté autrefois. Sa tête n'est occupée que par quelques pensées. Pour sa fille. Pour la mère de celle-ci. Sitôt arrivé au sein de cette dangereuse région, il s'arrête à l'entrée d'un petit marais bien précis. Sans attendre, il en descend, noue la bride du cheval inquiet à un poteau voisin, et s'engage au sein du territoire. Succombant à l'attrait d'une relation qui est peut être la seule chose véritablement stable qu'il lui reste : Asmodèle. Evey.
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"Kriss"

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Date d'inscription : 08/05/2018

MessageSujet: Re: Fil de vie   Dim 26 Aoû - 14:37

Citation :
Pendant ce temps, les gens qui auraient cherché Kriss l'auraient trouvé dans sa tente-atelier qui avait servit à construire son gyrocoptère.
La fière machine trônait à côté, tandis qu'un petit tas de caisses supplémentaires, certaines marquées du blason de Lune d'Argent, s'était ajouté au tas précédent.

Cette fin de semaine aura été ponctuée par des bruits de mécanique de précision et parfois de coups de feu suivis d'injures.

La Lumière seule savait quelle engin était en train de naître sous cette toile de tente...

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Jared

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Messages : 11
Date d'inscription : 14/06/2018

MessageSujet: Re: Fil de vie   Dim 26 Aoû - 16:43

Citation :
« Tu nous racontes ce que tu faisais tout à l’heure, au village ?
- Ouais. Ton jeu de lâche, là. »
Il avait suffi de quatre mots ; quatre mots pour que son sang ne fasse qu’un tour.
De la retenue. Serrer les poings et la mâchoire. Passer au-dessus. Ils ne savaient pas. Ils étaient stupides. Oui, voilà. Comment l’expliquer autrement ? Lui ne se pliait pas aux règles. On ne le priverait pas de sa liberté, de son libre-arbitre. Il fallait être fou à lier pour accepter de combattre, complètement dingue. Ou confiant. Trop confiant en ses propres capacités.
Il avait évalué ses chances, bien sûr, face au tavernier ; la force brute, voilà contre quoi il aurait dû lutter, lui qui n’avait que sa fougue, ses ruses de vide-gousset en poche. Même pas une réelle technique de combat. Les probabilités qu’il l’emporte se réduisaient à… Non. Il valait mieux ne pas y songer.
Sortir de l’hôtel de ville. Chercher une échappatoire. C’était possible. Personne ne le surveillait ; ces animaux savouraient pour la plupart leur dernier instant en ce bas monde.
Pourtant… Les élixirs.
Cela pouvait peut-être résoudre leur problème s’ils en buvaient un, tous. Leurs talents seraient décuplés, le succès, garanti. Ses compagnons gagneraient leur premier duel, sans doute pas les suivants. Avec, si.
Voilà. Rien de plus simple.
Agir. Vite et bien. En silence. Il connaissait la chanson par cœur depuis : la serrure de la porte ne lui résista pas.
Derrière la porte, une occupante. La belle affaire. Elle a sombré dans le sommeil.
Les élixirs sont là. D’autres objets aussi. C’est bon. Il a fait son travail.
De retour dehors, il comprend trop bien : Baudrick, Vaan, Nergal ; le dernier duel. A mort. Il est arrivé trop tard. Ils ont commencé. Les fioles ne servent plus à rien.
Il n’y a plus qu’à espérer.

« Tu nous racontes ce que tu faisais tout à l’heure, au village ?
- Ouais. Ton jeu de lâche, là. »
Je n’ai rien à vous prouver.
Je n’ai rien à prouver à personne.
Et pourtant, il ressentait de la rage. Et pas dirigée vers ses compagnons. Mais envers lui-même. Jeter le livre à la figure du nain et partir pour Hurlevent ne l’avaient pas soulagé comme il l’espérait d’un poids sur ses épaules… au contraire, même.

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Les élixirs sont notamment sur une des étagères de la salle de réunion, étiquetées par des symboles distincts.
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MessageSujet: Re: Fil de vie   

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